jeudi 23 juillet 2026

ÉconomieValidé

Trump rebat ses droits de douane

Le droit de douane de 10 % que les États-Unis appliquent à presque toutes leurs importations arrive à échéance cette semaine : ce droit additionnel est pour l'instant prévu jusqu'au 24 juillet 2026 et s'applique à l'ensemble des importations aux États-Unis. Ce régime avait été instauré après que la Cour suprême a invalidé, par 6 voix contre 3, une large partie des droits de douane de Donald Trump, s'opposant à l'utilisation d'une loi d'urgence de 1977 pour taxer sans l'accord du Congrès. Pour le remplacer, l'administration prépare des droits de 10 à 12,5 % sur une soixantaine de pays, en s'appuyant sur une enquête pour travail forcé menée au titre de la Section 301 du Trade Act de 1974. L'Équateur, l'UE, l'Indonésie, le Mexique, le Pakistan, le Brésil et le Canada sont visés, ces nouveaux droits devant être annoncés « prochainement » selon le représentant au Commerce Jamieson Greer.

En clair : la taxe unique de 10 % laisse place à un système plus ciblé, mais l'Union européenne figure parmi les zones visées, ce qui pèse sur les exportateurs français et européens. Ces taxes sont payées à l'entrée aux États-Unis, donc elles renchérissent surtout les produits importés pour les acheteurs américains, tout en menaçant les ventes des entreprises du Vieux Continent outre-Atlantique.

PolitiqueValidé

Lecornu doute de la trajectoire du déficit

Dans un entretien publié le mercredi 22 juillet par Paris Match, Sébastien Lecornu se dit « pas très optimiste » sur le respect des objectifs de déficit pour 2026 et 2027, tout en prévenant que le gouvernement ne pourra pas « suspendre toutes les décisions » jusqu'à la présidentielle de 2027. Le Premier ministre juge « préoccupant, grave même » le niveau de la dette et du déficit, « parce qu'il limite notre liberté d'action », tout en assurant que « la réduction du déficit reste la priorité ». Le cap chiffré reste inchangé : le gouvernement vise un déficit à 5 % du produit intérieur brut en 2026, après 5,1 % en 2025. À titre de repère, la dette publique atteignait 3 536,1 milliards d'euros à la fin du premier trimestre 2026, soit 117,5 % du PIB, contre 115,7 % trois mois plus tôt, selon l'Insee.

Le chef du gouvernement prépare l'opinion à une France qui tiendra difficilement ses engagements de réduction du déficit, c'est-à-dire l'écart entre ce que l'État dépense et ce qu'il encaisse. L'enjeu concret : faire adopter un budget « dans l'hiver » pour que le président élu en mai 2027 dispose d'un cadre budgétaire opérationnel, alors qu'une dette élevée finit par peser sur les marges de manœuvre du pays.

GéopolitiqueValidé

UE : 21e salve contre Moscou

Les pays de l'Union européenne ont tenté mercredi 22 juillet de trouver un compromis pour parvenir à un accord sur un 21e train de sanctions contre la Russie, selon des diplomates européens. Ces nouvelles sanctions visent notamment le secteur bancaire russe, la Grèce, qui souhaite un assouplissement des restrictions sur le gaz naturel liquéfié russe, constituant le principal obstacle à leur adoption. Les diplomates espéraient que la défaite électorale de Viktor Orban en Hongrie faciliterait l'adoption, mais des divisions sont apparues au sein du bloc. Pour mémoire, 20 paquets de sanctions ont déjà été adoptés jusqu'ici.

Chaque nouveau paquet de sanctions vise à réduire les revenus qui financent l'effort de guerre russe, ici en s'attaquant aux banques. Le blocage grec illustre une difficulté récurrente : ces décisions doivent être prises à l'unanimité des Vingt-Sept, si bien qu'un seul pays peut freiner l'ensemble, même après la sortie de scène de la Hongrie de Viktor Orban.